15/11/2014

Couiza Mobilisation générale pour le centenaire de l'entrée dans la première guerre mondiale

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Henri Mariou, Président des Anciens Combattants,  saluait la mobilisation générale des couizanais autour des enfants pour la première commémoration du centenaire de la 1ere guerre mondiale.

Il présenta les élèves avec qui il eut un travail de mémoire profond. Ces élèves du Collège de Couiza (Rose Albouy, Yaëlle Quesnel, Jlien Garcia, Renaud Geny, Goeffey Blanc, Victor Pastou, Gaetan Gomez et Nicolas Letondor) citèrent les 12 couizanais morts au champ d'honneur au cours de la première année de conflit en 1914. Ils lurent une lettre d'un poilu à l'un de ses amis poignante d'horreurs. Ils dirent par la suite quatre strophes  écrite un vétéran américain donnant beaucoup d'espoirs à l'humanité après le conflit. 

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Josiane Thoreau lut le message de Kader Arif avant de distribuer l'ordre de mobilisation aux anciens combattants et enfants.

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Jacques Hortala, Maire et Conseiller Général revint sur l'assassinat de Jaurès et l'engagement de la Nation dans le conflit depuis la guerre des tranchées jusqu'à l'armistice. Il dit la souffrance de tout un peuple et peignait des couleurs de paix et d'espoir dans la modernité avant de revenir sur les raisons de son retrait d'élu départemental (conseiller général) lors du prochain mandat du mois de mars prochain.

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12  Soldats couizanais morts au champ d'honneur  au cours de l'année 1914 :

Paul FOURNIER - Victor CAZEU - Paul COUX - François VIVIES - Louis BARDOU - Louis PUEL -

Pascal BAUX - Antonin SERRET - Bernard GAYCHET  - Albert BELOT - Emile MAURY et Eloi GAYCHET

La cérémonie s'achevait alors que tous les participants : élus, anciens combattants, gendarmes, légionnaire, pompiers, élèves, membres ou responsables d'association ou citoyens entonnèrent unanimement une Marseillaise  vibrante de force et de convictions. 

 

 

 

TEXTE LU PAR LES ELEVES

Michel Taupiac dit "François" avait 29 ans et 1914. Il était le fils d'ouvriers agricoles du Tarn et Garonne. Il avait l'habitude d'écrire souvent à son ami Justin Cayrou qui ne fut mobilisé qu'à la fin de l'année 1915, parce qu'il avait perdu un oeil et que les conseils de révisions ne le déclarèrent bon pour l'armée que lorsque les troupes commencèrent à manquer. Après la guerre, Michel Taupiac devint pêcheur sur la Garonne mais aussi herboriste et guérisseur à ses heures.

 

Dimanche 14 févier 1915

Cher ami,

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de nocembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de batteraves, parsemées de riches fermes et jalonnés de meules de blé.

Maintenant, c'est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruines et une autre végétation est née : ce sont les petits monticules surmontés d'une croix ou simplement d'une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là.

Que de fois la mort me frôle de son aile quand je galope le long des fossés ou des chemins creux pour éviter leur "shrapnels" ou le "tac-tac" de leurs mitrailleuses. 

La nuit, j'ai couché longtemps dans un tombeau neuf, puis on a changé de cantonnement et je suis maintenant dans un trou que j'ai creuse après un talus. 

J'emporte ma couverture perdu à ma selle, ma marmite de l'autre côté et en route. J'étais l'autre jour dans les tranchées (des Joyeux). Je n'ai jamais rien vu de si horrible. Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais, avec la pluie, la terre s'éboule et du vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés. Il y avait même deux grandes bottes qui sortaient de la tranchée, la pointe en l'air, juste à hauteur, comme des porte-manteaux. Et les "Joyeux" ys suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d'un cadavre boche comme porte-manteau.

Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement, je ne les croirais pas moi-même. (...)

Je compte que tu m'enverras des nouvelles de là-bas et je te quitte en t'envoyant une formidable poignée de main.

Taupiac 58e régiment 48e batterie 68e secteur  

 

 

Ecrit du vétéran américain 4 phrases :

Et la vieille tranchée effondrée, emmerdée se roule en cartouchière autour de la colline

Le soleil et la pluie en font leur seul domaine

Un casque de soldat gît moussu, verdâtre

Dans son fond, un oiseau protège du soleil l'oeuf

Mûrît et jaillit la plus noble pensée ...

 

 

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08:00 Écrit par CATHERINE MERCIER dans actualité, HONNEURS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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