30/09/2014

A Couiza, les populations ont appris à vivre avec le risque inondation

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A la veille de l’anniversaire des inondations du 26 septembre 1992, de cet épisode cévenol que la région de Couiza a connu voilà 22 ans, et quelques jours après l’impact d’un épisode identique sur le haut-Languedoc,  nous avons rencontré Jacques Hortala Maire, Président de la Communauté des Communes et Conseiller Général de Couiza, mais également Président du SDIS de l’Aude. 

Il nous a dit combien les images, les photos diffusées ravivaient une légitime émotion. Sans doute, nous déclarerait-il,  les populations connaîtront-elles comme nous, les mêmes conséquences.. L’ancien maire de Rennes les Bains, se rappelle l’impact moral, physique et économique de la crue de 1992. Tout avait été emporté, saccagé, brisé, il a fallu reconstruire certes, mais surtout se prémunir. 

 

Des actions ont été menées depuis lors, toutes coordonnées. De la conception des PPRI aux PPRI HV (plans de prévention des risques inondations), en passant par les Plans Communaux de Sauvegarde (PCS), en collaboration étroite avec les maires, aux côtés du Conseil Général, en partenariat avec les sinistrés, on peut dire que chacun a pu faire pour que ça aille mieux, et ça  va mieux, insistera-t-il.  

« Il faut quand même comprendre, et chacun ici le sait, que le risque zéro n’existe pas» martèlera-t-il. Couiza est soumis à deux risques potentiels majeurs inondations et rupture de barrage. L’alerte demeure l’un des derniers maillons d’opérations de prévention qui doivent ensuite permettre à l’eau de passer son chemin.

 

Chacun doit prendre ses responsabilités

Non, le risque zéro n’existe pas, reprendra-t-il.. En novembre 1999, une grande partie du département de l’Aude est touchée par un épisode pluvieux là aussi exceptionnel, la dimension n’est plus la même. 

Ici, le nettoyage des rivières et des berges de la Blanque, du Rialsesse et de la Salz est régit par le droit rural, il s'impose aux riverains propriétaires jusqu’à l’axe médian de la rivière et cela pose un problème. La police de l’eau (DDTM) va devoir apprécier que chacun prenne ses responsabilités pour permettre l’écoulement parfait des eaux.   Ce sera peut être là, qu’à l’avenir, nous pointerons des difficultés. L’antenne du SMARR permet le nettoyage sur une avancée de 12 km par an (50 m linéaire par jour) c’est un travail de fourmis. Pourtant, les crues -qui ne sont pas une exception- charrient désormais très peu d’embâcle et montrent que ce labeur porte ses fruits.

 

Un exercice grandeur nature ?

Jacques Hortala y pense. Il faudra en effet tester les populations pour estimer leur réaction, mais elles connaissent le risque et sauront réagir tout en gardant leur calme, elles connaissent les dispositions à prendre. Predict permet au SDIS d’apprécier les orages en formation et leur déplacement (demi-journée à l’avance) et de diffuser les alertes. Elles sont relayées au plan local, ici, sur le territoire de Couiza, grâce à Every One auprès des habitants. Nos  populations sont habituées à recevoir des messages qui pourtant ne les envahissent pas (notifications importantes telles que les alertes météo comportant des dispositions à observer).

Dès les premières alertes, les services sont mobilisés et des rondes de pompiers et de services municipaux sont exercées pour accroître la vigilance auprès des populations hors contact Every One (diffusé par téléphone sur une liste préétablie). 

Nous n’arrêterons jamais les crues, mais la population couizanaise a appris à vivre avec ce risque, conclura-t-il.

 

10:05 Écrit par CATHERINE MERCIER dans actualité, EVENEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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