04/09/2014

Cassaignes Le carcassonnais Eugène Pech au Chantier, à découvrir

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L'ensemble de peintures présenté frappe tout d'abord par sa variété. Sont évoquées toutes les étapes de son évolution, et toutes ses tendances.

Un espace est dédié aux premières années, offrant dessins, esquisses délicates, d'où sortiront des œuvres plus importantes : paysages aux douces harmonies, évocateurs de paix heureuse, et parmi les peintures, des études de fleurs, de campagne méridionale montrent un artiste soucieux de rendre fidèlement le charme d'une nature qu'il aime.

Des œuvres les plus anciennes où s'affirmait déjà son talent, il s'éloignera peu à peu pour recréer, selon une vision toute personnelle tel ou tel paysage aimé, et aboutir dans les années cinquante à une série méconnue, intitulée par sa fille « Les Inattendus de Pech ». La première salle du Chantier lui est consacrée, et étonnera plus d'un visiteur par ses couleurs riches, sa joie, sa facture inattendue, ses compositions... La plupart de ces œuvres qui se situent à la charnière entre prémices et maturité, n'ont jamais été exposées du vivant de l'artiste.

Eugène Pech est en effet mieux connu pour les œuvres qui suivront cette période, marquées par un retour à un impressionnisme teinté souvent de mélancolie. S'y expriment avec pudeur la solitude, et son amour des paysages audois et de sa ville Carcassonne...

On a souvent dit d'Eugène Pech qu'il était le peintre de la Cité, sans doute parce que ses fonctions à l'orgue de la basilique St Nazaire lui en faisaient franchir les remparts régulièrement, mais il ne l'a peinte que rarement dans son intégralité. Omniprésente dans les tableaux réalisés depuis son jardin ou son quartier, elle n'apparaît que par bribes, énigmatique, souveraine derrière un bouquet d'arbres, un enchevêtrement de toits, des branches dépouillées de leurs feuilles, sous un manteau de neige...

Les dernières œuvres, exposées dans l'espace V du Chantier, sont indéniablement dans leur ensemble les plus subtiles, les plus douces et émouvantes...Un chemin disparaît dans les frondaisons, un ruisseau s'enfonçant dans le bois, ne laisse de lumière qu'au ciel, sous un pont, l'Aude s'enfuit... En raison de la maladie, la vie doucement s'efface, mais alors, elle s'empare plus que jamais par une sorte d'incandescence diffuse, du moindre espace de chaque toile, nous offrant un ultime legs de beauté, de paix, et d'harmonie...

Guy Frédériq est également exposé au Chantier

 

18:06 Écrit par CATHERINE MERCIER dans actualité, CULTURE ARTS, NOS VILLAGES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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